Une entreprise peut-elle exister sans bureaux?

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Aujourd’hui, les plates-formes de location de bureaux fleurissent en ligne. A l’instar d’un modèle comme Airbnb, ces outils serviciels rassemblent les offres d’espaces de travail disponibles sur le marché du coworking notamment et séduisent non pas seulement les particuliers, mais aussi les entreprises. Certaines vont d’ailleurs encore plus loin dans leur démarche, en se passant complètement de bureaux. Mais une entreprise peut-elle vraiment survivre à l’absence d’une adresse?

On peut y louer un bureau, en indiquant la géolocalisation souhaitée, la date et la capacité de salle recherchée, mais également soumettre un bien régulièrement disponible: des plates-formes comme Bird Office, active en France, en Suisse, en Belgique ou en Angleterre, se multiplient depuis quelques années. Avant elles, les espaces de coworking, comme Regus, qui s’installera à PONT-ROUGE à l’automne 2018, se sont popularisés.

Cette façon nomade de travailler est parfois poussée encore plus loin. Avatar de l’économie collaborative, il n’est désormais pas rare que des particuliers ouvrent leurs salons à des inconnus qui ne souhaitent pas travailler seuls. Mais ce modèle de bureaux 2.0 s’adresse davantage à des travailleurs indépendants. Néanmoins, le «Sans Bureaux Fixes» fait des émules en entreprise: certaines, en particulier des start-ups et des petites entreprises, se passent complètement d’adresse. En effet, les nouveaux outils de communication et de travail collaboratif rendent désormais possible l’existence d’une entreprise sans un lieu fixe.

 

L’entreprise, ça se cultive

Principal atout de l’entreprise sans bureau, la disparition des coûts immobiliers, qui constitue évidemment un poste de dépenses conséquent pour un employeur. Le modèle permettrait également d’accroître la productivité des collaborateurs. Moins de temps à la machine à café, moins de réunions chronophages, moins de déplacements… Dans l’entreprise sans bureau, le travailleur, depuis son domicile ou l’endroit de son choix, travaillerait plus. C’est en tous cas le pari de la société Buffer, créée en 2011, par exemple. La start-up qui propose un outil de programmation sur les réseaux sociaux emploie plus d’une centaine de personnes aujourd’hui, installées partout dans le monde. Chacun travaille d’où on lui semble : de chez soi, d’une terrasse, d’un espace de coworking… Pour rassembler ses collaborateurs, l’entreprise organise seulement une semaine de travail à Berlin, à Hawaï ou en Islande tous les six mois.

Néanmoins, la motivation des salariés n’est pas forcément simple à maintenir lorsque les relations de travail s’opèrent à distance. D’un point de vue managérial, certains signes avant-coureurs de difficultés peuvent échapper à une direction qui ne croise pas ses salariés. Manager une telle équipe suppose donc d’être très présent, même si cette présence demeure virtuelle. Prévoir un temps de dialogue avec chacun pour faire le point sur les projets en cours, alerter en cas de dérive de planning, s’enquérir de la situation de quelqu’un en cas de silence prolongé… : le management à distance nécessite d’être encore plus attentif aux collaborateurs.

Le coworking d’entreprise ou le corpoworking se présentent comme des alternatives convaincantes. En effet,  la location d’espaces ponctuelle est devenue une prestation particulièrement prisée des entreprises, qui aiment à s’extraire de leurs bureaux pour des séances de brainstormings ou des formations.

Contraction bien inspirée de corporate et coworking, le corporworking, quant à lui, peut se définir comme un espace de coworking au sein même d’une entreprise. Mis à la disposition des salariés qui y viennent librement pour effectuer leurs tâches courantes de travail, ouvert à des intervenants externes, l’espace de corpoworking fédère une véritable communauté, fondée autour de la notion de partage et d’échange, et accroît le sentiment d’appartenance à l’entreprise plutôt que la sensation d’isolement.