RIE III, une opportunité à saisir

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Alors que la Suisse s’apprête à se prononcer sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), Gregory Grobon, CEO pour les agences suisses romandes de SPG Intercity, se positionne, d’un point de vue économique, en faveur du oui. Le directeur entrevoit déjà les conséquences concrètes d’une réponse favorable ou défavorable à la mesure qui vise à remplacer les régimes fiscaux spéciaux non conformes aux normes internationales. A une semaine de la votation fédérale du 12 février, explications.

Comment vous positionnez-vous par rapport à la RIE III?
La RIE III constitue une véritable opportunité pour la Suisse, nous le constatons très clairement chez SPG Intercity. Trois dossiers sur lesquels nous travaillons sont aujourd’hui liés à un «oui» à la votation.

Pouvez-vous nous en dire davantage?
Grâce à notre réseau international Cushman & Wakefield, nous savons que deux sociétés étrangères, une start-up et une multinationale, dans les domaines des FinTech et de l’alimentation, souhaiteraient s’installer à Genève dans le cas où la RIE III passerait. Un autre projet industriel ne se déploiera dans le canton que si la loi est votée. Il s’agit là déjà de trois cas concrets qui vont permettre d’augmenter les recettes fiscales du canton et de générer en Suisse une dynamique positive.

Vous ne craignez donc pas une perte de recettes fiscales pour les cantons et la Confédération?
Les précédentes réformes ont toutes deux engendré des recettes supérieures aux pertes : la fiscalité devenue attractive, le cercle des contribuables s’est systématiquement agrandi. On peut présager la même chose avec la troisième mouture de la loi, l’histoire prêche pour cette réforme.

Ne redoutez-vous pas l’exode des multinationales?
Leurs impôts vont augmenter, mais les grandes entreprises internationales continueront à être séduites par la stabilité de la Suisse. Les sociétés sont rassurées par cette visibilité à 10 ou 15 ans, et cela accroît la crédibilité de la Suisse aux yeux du monde et de l’Europe.

Vous faites donc partie de ceux qui sont convaincus que la RIE III dynamisera le tissu économique national?
A tout le moins, la RIE III maintiendra le tissu économique helvétique en l’état, mais devrait vraisemblablement le stimuler en apportant pour longtemps une certaine pérennité. Un «oui» mènera à l’arrivée d’entreprises. C’est donc une opportunité à saisir évidente.

Redoutez-vous un scénario catastrophe?
Mon propos n’est pas de me montrer alarmiste, mais de souligner les avantages très concrèts qui se présentent à nous. On peut dresser un parallèle entre la RIE III et le vote de février 2014 sur l’arrivée des étrangers en Suisse. Nous pourrions nous réveiller avec la même gueule de bois le 13 février prochain. Aucun départ d’entreprise n’est encore acté, mais on peut supposer que des plans de réduction d’équipes en Suisse seront envisagés en cas de «non». SPG Intercity devrait alors être sollicitée pour dénicher des surfaces plus petites, moins chères, et probablement dans le canton de Vaud plutôt que dans celui de Genève.