Investissements immobiliers et location de bureaux, vers une inversion de tendance

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Depuis près de 4 années et face à un fort ralentissement du marché de la location de bureaux sur l’arc lémanique, les professionnels de l’immobilier commercial font face à un contexte difficile, transcrit dans de nombreux articles et publications décrivant une situation « alarmiste ».

Il est vrai que le marché romand a connu une forte augmentation de la vacance de bureaux, particulièrement à Genève et sur la Côte, accompagnée d’une correction des niveaux de loyers de 5% à 15% en fonction des secteurs géographiques. L’année 2016 a certainement marqué le « creux » de la vague avec une demande faible de surfaces de bureaux et un marché de l’investissement en retrait malgré deux grandes transactions opérées à Genève au dernier trimestre 2016. Alors que les plus pessimistes des observateurs voyaient une année 2017 des plus sombres pour Genève, le marché a connu l’année dernière un fort dynamisme tant sur le plan de la location que sur l’investissement de bureaux. En termes de location de bureaux, l’offre plus diversifiée de surfaces disponibles à des loyers « corrigés » a motivé de nombreuses sociétés à activer voire réactiver leur recherche de surfaces dans les zones les plus attractives que sont le centre-ville, la rive gauche et le quartier des Nations-Unies. Au niveau de l’investissement immobilier de bureaux, la cuvée 2017 s’est avérée également exceptionnelle avec un volume global de transactions signées d’1.3 milliards de francs. Le deuxième semestre a représenté à lui-seule près d’un milliard de francs avec notamment la vente de deux portefeuilles bancaires et d’une partie du projet Pont-Rouge.

Après une année 2017 record, quelles sont les perspectives pour 2018 ? Il semble tout d’abord peu probable que le marché de la location et de la vente atteigne cette année des niveaux supérieurs voire comparables en termes de volumes. Sur le marché de la location, l’offre de surfaces de bureaux a quelque peu tendance à se tarir dans les secteurs les plus attractifs avec une demande qui devrait stagner du fait que de nombreux grands acteurs économiques ont opéré leur « mutation » immobilière en 2017. Le marché de l’investissement immobilier devrait quant à lui rester dynamique avec cependant un volume de transactions plus faible du fait que nous n’anticipons pas la mise sur le marché de grands portefeuilles immobiliers.

Enfin et en considérant tout l’arc lémanique, une certaine intensification de la concurrence entre Vaud et Genève devrait être observée, en lien notamment avec la réforme de l’imposition des entreprises qui sera mise en place sur le canton de Vaud au 1er janvier 2019. Lausanne et ses abords immédiats devraient ainsi connaître une plus forte attractivité avec l’éventuel déménagement d’entreprises de Genève dans le canton de Vaud.